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36000 Communes

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Edito : La farce carbone (suite)

 

  
Actualité
Une cartographie des indemnités des élus locaux
René Dosière, député de l'Aisne, présente sur son site Internet les indemnités perçues ces dernières années par les élus locaux, fournis par le ministère de l'Intérieur : il fait apparaître l'évolution des revenus des maires, adjoints, présidents et vice-présidents d'intercommunalités, conseillers régionaux et généraux. [localtis.info, 03/03/2010] 
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Agriculture biologique : la France, cinquième producteur en Europe
Avec 7,8 millions d'hectares en 2008, les superficies consacrées à l'agriculture biologique en Europe ont grimpé de 21% en 3 ans (entre 2005 et 2008), selon un rapport publié par Eurostat le 1er mars. La France, qui compte 0,6 million d'hectares, se classe au 5e rang. [localtis.info, 03/03/2010] 
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Maires Ruraux de France
Éditorial du N° 239 de 36000 communes (octobre 2006) Minimize
L'endettement est-il une maladie honteuse?

    Comme pour le temps de refroidissement du canon, ça dépend: du pays, du débiteur et du type de dette.

    Commençons par celle qui tient la vedette, la dette publique.

    Les Japonais s'en moquent comme de leur premier kimono. Un endettement public de 170 % du PIS ne les empêche pas, à moins que cela ne l'explique, d'être la seconde puissance économique du monde avec des mensurations de rêve: taux de croissance 2,8 %, taux de chômage 4,6 % (moins de la moitié de celui de la France), excédent de la balance des paiements 2005 (malgré le renchérissement de l'énergie et des matières premières) équivalent à 3,5 % du PIS.

    La première puissance économique mondiale, les USA, se moque tout autant de déficits budgétaires (5 % du PIS) et de la balance des paiements (6,3 % du PIS), abyssaux. Visiblement un taux de croissance supérieur à celui de la zone euro et un niveau de chômage moitié moindre passent avant L'équilibre des comptes, comme la valeur du dollar (en chute de 20 % par rapport à l'euro en quelques années), ne sont pas considérés comme des objectifs mais comme des leviers sur lesquels jouer afin de maintenir le plein régime de la machine économique.

    En France, il en va tout autrement et depuis des lustres. La monarchie de Juillet, l'Empire, la troisième puis la quatrième République ont été successivement accusés d'avoir ruiné le pays. Actuellement, la dette publique pourtant légèrement inférieure à celle de la moyenne des pays de l'OCDE, y fait scandale; mais pas qu'un tiers de la population active soit au chômage ou sous-employée. A droite bien sûr, mais aussi à gauche, la valeur de la monnaie y a toujours été objet de consensus. Selon l'économiste américain Robert Eisner, le premier gouvernement Mauroy a renoncé à la politique de relance engagée en 1981 au moment même où elle commençait à donner des résultats, essentiellement pour éviter une trop forte dévaluation du franc par rapport à un mark pourtant sous-évalué. L'acceptation par la France des critères de Maastricht, entraves purement idéologiques au développement de l'Europe, est généralement présentée comme une nécessaire concession à l'Allemagne qui n'aurait jamais renoncé au mark autrement Constatons que le sacrifice des négociateurs français, attachés au franc fort autant que les Allemands au mark fort, n'a pas dû être bien grand.

    Etrangement, dans notre pays, toutes les dettes ne se valent pas. La dette publique est un mal, l'endettement privé un bien f On ne parle jamais de l'endettement des entreprises pourtant supérieur à celui des administrations publiques. On donne en exemple des pays qui on certes fait baisser leur dette publique, mais au prix d'un endettement considérable de leurs ménages: Canada, Grande-Bretagne, Danemark. L'endettement privé de chaque habitant de la destination touristique politico économique la plus en vogue aujourd'hui est quatre fois celui de la France. La dette des ménages danois, par ailleurs, représente plus de deux fois leur revenu brut disponible, contre 60 % pour les ménages français.

    La conséquence de cette obsession de la dette, c'est le chômage et le sous-emploi. Ce qui suffirait à préoccuper les maires, directement concernés par les effets de la paupérisation qu'ils entraînent
Ils ne sont pourtant pas au bout de leurs peines.

    L'objectif de désendettement du Gouvernement va avoir des répercussions directes sur les finances communales, comme il l'a clairement fait savoir lors de la « conférence nationale des finances publiques » en ce début d'année (voir 36 000 communes N'237).

    Remarquant que le «Programme de stabilité 2007-2009» de l'Etat est plus drastique que la programmation pluriannuelle annexée à la loi de finances 2006, le rapporteur spécial de la Commission des finances du Sénat, Philippe Marini, écrit: « C'est sur les collectivités territoriales que reposerait cet ajustement supplémentaire », avant de conclure: «Plus ambitieux que les programmes de stabilité précédents, le programme de stabilité 2007-2009 semble aussi peu réaliste.»

    C'est donc à toutes ces questions, certes complexes, mais surtout obscurcies d'idéologie, que tentera de répondre le prochain congrès de I'AMRF à Gréoux-les-Sains (04).

    Comme on l'aura compris, ces débats abstraits et apparemment académiques, cachent de redoutables enjeux pour nos communes et nos concitoyens. Vous n'en trouverez nulle trace dans les gazettes et encore moins à la télé.

    Alors rendez-vous le 14 octobre 2006 à Gréoux-les-Sains.

Pierre-Yves COLLOMBAT,
 maire-adjoint de Figanières,
 premier vice-président délégué de I'AMRF,
sénateur du Var
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